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Améliorer la logistique des produits fermiers

Tandis que les circuits-courts ont le vent en poupe, un frein important demeure pour faciliter la distribution des produits et réduire son impact énergétique : l'absence d'organisation de l'offre et de réflexion logistique. Terroirs44 a ouvert le chantier fin 2008, et avance concrètement dans la construction d'une logistique de proximité.

A l'origine du projet, le constat partagé d'un gachis de temps et d'énergie : des producteurs ont souhaité réfléchir à un système collectif qui leur permettrait de passer moins de temps sur les routes, tout en réduisant les consommations d'énergie.
L'idée était lancée : mettre en place un service mutalisé plus effcicient, plus économe en énergie, et donc plus cohérent dans leur démarche de production fermière de proximité. La forme et les moyens restaient  à définir...

Les étapes du projet :

- Phase exploratoire Février 2009 - juin2009, dans le cadre d'un partenariat avec l'IUT logistique de Saint-Nazaire
- Phase d'expérimentation – août 2009
- Maturation... 2009-2010
- Lancement en sept 2010 de l'activité de Terroirs sur la Route

> Terroirs sur la Route au démarrage : Une organisation informelle, à titre expérimental

Terroirs sur la route consiste en un système de deux tournées hebdomadaires sur le département, l'une le mardi, l'autre le jeudi. Ce service a fonctionné en période d'essai, sur la base d'un partenariat entre Terroirs 44, Terre à l'assiette et les producteurs intéressés :

- Terroirs44 a embauché une salariée grâce à un Contrat Unique d'Insertion du Conseil Général, ce qui a permis en phase de lancement de réduire les coûts salariaux.

- L'atelier de découpe De la Terre à l'assiette met son camion à disposition pour les livraisons, moyennant une contrepartie financière (0,5 €/km), puis édite les factures aux producteurs, intégrant la charge salariale et l'accompagnement par terroirs44.

> Sept 2012 : Formalisation de l'activité, par la création d'une section logistique au sein de la CUMA qui embauche alors la salariée en CDI..

Bilan de ces deux années d'expérimentation :

Bilan économique

En moyenne, le camion a transporté chaque mois (bilan 2011)
- 26 200 € de produits fermiers
- de 12 producteurs et 2 structures collectives (GIE de la Ranjonnière et SARL De la terre à l'assiette)
- en parcourant 32 000 km dans l'année, au lieu des 46 000 km qu'auraient dû parcourir les utilisateurs pour livrer eux-mêmes ces produits, soit une économie kilométrique (et donc en émission de CO2) de 30 %.

L'aide à l'emploi a permis de minimiser les coûts. L'enjeu est aujourd'hui d'assurer le déploiement de ce service à un coût "acceptable" par les producteurs, hors aide à l'emploi. Le potentiel existe, entre les besoins de la restauration collective, les nouveaux débouchés des producteurs, les nouveaux producteurs intéressés, les retours de découpe des éleveurs de la CUMA...
Une nouvelle phase d'étude et de prospective s'engage fin 2012 avec l'aide de l'IUT de Saint-Nazaire pour évaluer les tournées existantes, les points d'amélioration, les marges de manoeuvre... les possibilités de réorganisation, réfléchir aux choix stratégiques en terme de matériels, de plate-forme, de ressources humaines...

Bilan social et environnemental

Les producteurs sont pleinement satisfaits du service, qui leur a permis de se dégager du temps et de professionnaliser leur organisation. Certains ont également eu accès à de nouveaux marchés. Ils ne souhaitent pas « revenir en arrière ». Toutefois, ils constatent qu'il est difficile de convaincre de nouveaux producteurs de les rejoindre :

  • frein "psychologique" à avoir une facture de livraison - il serait utile pour cela de calculer les coûts des distributions réalisées individuellement, non comptabilisés habituellement - ,

  • difficulté organisationnelle du fait des impératifs horaires,

  • sentiment de « s'éloigner de leurs clients » lorsqu'ils sont attachés à garder une relation directe.

L'engagement dans ce système implique donc quelques changements d'habitudes parfois longs à se mettre en place.

D'un point de vue environnemental, l'importance de "l'économie kilométrique" atteste de la pertinence du projet en terme d'économie d'énergies.

Tandis que le groupe se considère encore en phase de défrichage, Terroirs sur la route est bien souvent sollicitée pour présenter son expérience : une chose est sure, l'avenir des circuits-courts est dans la logistique !

Un projet soutenu par l'Ademe et l'Europe (phase exploratoire), puis par le Conseil Régional et le Conseil Général.