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Circuits courts : les premières références nationales

Actualité - 31/10/2013

Pour la première fois en France, une étude détaille les pratiques de vente de produits en circuits courts à l'échelle nationale.
Il s'agit d'un projet « Casdar » auquel ont contribué 61 partenaires, dont le réseau de développement agricole Trame, le Centre d'étude et de ressource sur la diversification (Cerd) et l'Institut de l'élevage. Leur objectif : élaborer « un référentiel pour évaluer la performance technique, économique, sociale et environnementale et favoriser le développement des circuits courts de commercialisation ».

COMMERCIALISER SA PRODUCTION pour VALORISER SON TRAVAIL
Une étude montre que les agriculteurs commercialisant leur production en circuit court sont satisfaits de cette activité, appréciant les relations avec les clients et leurs collègues malgré une charge de travail supplémentaire. Les circuits courts rendent heureux et permettent aux producteurs de se réapproprier leur travail. C’est en tout cas ce que disent les agriculteurs interrogés dans le cadre du projet Référence circuits courts (RCC), réalisé par plusieurs organismes agricoles dont l’institut de l’élevage, l’iNRA et Trame. 489 agriculteurs travaillant sur des exploitations commercialisant tout ou partie de leur production en circuits courts ont été interrogés, et une étude transversale a permis de dégager des « impacts sociaux » de ces circuits courts. selon celle-ci, 23% des agriculteurs sont très satisfaits de leur activité en circuit court, 59% satisfaits, et 18% plus mitigés dont 1% pas du tout satisfait.
Le temps de travail, principal bémol
La perception de l’activité en circuit court diffère selon les filières. il n’y a par exemple qu’une faible part de producteurs de lait satisfaits, ce que les auteur expliquent par « la crise majeure que rencontre ce type d’élevage » et le travail supplémentaire engendré par l’activité de commercialisation, alors que le travail de production est déjà contraignant. en porc et bovin viande, les satisfaits sont plus nombreux. Le temps de travail important est le plus gros bémol déclaré par les sondés, avec une complexité des différentes missions (production, transformation, vente, logistique) à laquelle ils ne sont pas toujours préparés.
Un lien avec les consommateurs et d’autres producteurs
L’étude conclut que « la valorisation économique semble être une condition indispensable dans la satisfaction des agriculteurs par rapport à leurs ateliers en circuits courts, mais que d’autres valeurs sont nécessaires ». par exemple, les agriculteurs sont globalement plus satisfaits s’ils travaillent à plusieurs, que ce soit sur l’exploitation ou avec d’autres producteurs, dans le cadre de points de vente collectifs. ils sont également plus satisfaits s’ils sont impliqués dans moins de modes différents de circuits de commercialisations, et s’ils réalisent plus de 50% de leur chiffre d’affaire total en circuit court.
La relation avec les clients est un des autres éléments importants : « les retours positifs des clients sont unanimement appréciés et considérés comme valorisant », permettant une « valorisation sociale en plus d’économique », grâce en outre à la possibilité de fixer soi-même ses prix et de choisir ses modes de vente. A contrario, « dans les filières longues, les produits sont sans cesse dévalorisés, en particulier par des prix en baisse constante », témoignent les agriculteurs interrogés. Agra 28/10
Une grande diversité de circuits courts en production laitière
L’étude référence circuits courts a permis la réalisation de brochures par production. Lait, viande bovine, ovine, porcine, volailles, légumes et petits fruits ont été analysés. Concernant le lait, l’étude a suivi 58 exploitations. « Il y a une très grande diversité dans les circuits courts », note Emmanuel Béguin de l’Institut de l’élevage, lors d’une journée de présentation des résultats, le 17 octobre à Paris. Et ils ne concernent pas seulement les petites exploitations. Au contraire, cette étude laisse entendre que « les circuits courts sont présents dans des exploitations plus grosses que la moyenne ». Les élevages cibles ont un cheptel moyen de 56 vaches et emploient 4 actifs,dont 1,8 concerne l’activité de commercialisation. Les circuits courts sont la plupart du temps présents en plus d’un débouché plus long. Ainsi, 66% des exploitations étudiées écoulent moins d’un tiers du lait directement. « Il y a des exploitations disposant de petits quotas qui veulent se donner une viabilité, et des grosses exploitations qui s’orientent  vers un développement vertical avec beaucoup de salariés », constate Emmanuel Béguin. Entre les deux, les circuits-courts sont une diversification pour la majorité des fermes. Mais lorsque le volume transformé dépasse 100 000 litres, le circuit de commercialisation devient le plus souvent indirect. En s’orientant vers la grande et moyenne distribution ou la restauration collective, les exploitations peuvent écouler plus de volumes.  Mais les ateliers qui pratiquent la vente directe obtiennent une valorisation près d’un quart supérieur à ceux utilisant des  circuits de vente indirecte.
Ce référentiel prend la forme de fiches techniques classées par famille de produits (viande ovine, bovine et porcine, lait, volailles, fruits et légumes) ou par thème (environnement, impact social, analyse économique). Elles fournissent aux porteurs de projet ou à leurs conseillers des repères dans les domaines de la transformation, des stratégies commerciales, des investissements, de l'organisation du travail et de la rémunération.
Cinq cents enquêtes de terrain ont été réalisées pendant trois ans pour parvenir à ce résultat. Elles dévoilent une grande diversité d'exploitations engagées en circuit court. Et un constat commun : si les exploitants apprécient l'autonomie gagnée grâce à cette stratégie de distribution, tous regrettent le temps de travail nécessaire, la pression réglementaire et la complexité des différentes tâches (logistique, marketing...). Ils revendiquent par ailleurs le souhait d'être mieux accompagnés, d'où le choix pour les partenaires de l'étude de mettre en ligne leurs travaux sur leurs sites respectifs (1).
(1) Dont celui du Cerd : http://www.centre-diversification.fr ; de l'Institut de l'élevage : http://www.idele.fr ; de Trame : www.trame.org.
Les dix brochures à télécharger :

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