TÉMOIGNAGES ÉLECTIONS CHAMBRE AGRICULTURE 14-31 janvier 2019

Actualité - 09/01/2019

TÉMOIGNAGES ÉLECTIONS CHAMBRE AGRICULTURE 14-31 janvier 2019


4 PAYSAN(NE)S ADHÉRENT(E)S DE TERROIRS 44 SUR LA LISTE OUVERTE DE LA CONFÉDÉRATION PAYSANNE.

Quatre adhérent(e)s de notre association se sont investi(e)s sur la liste ouverte de la Confédération Paysanne.
Nous leur avons demandé pourquoi ils s'engageaient et ce qu'ils pouvaient porter pour Terroirs 44 !


Découvrez ci-dessous leurs témoignages :


L'Animation des territoires est un enjeu majeur de cette élection professionnelle
"Avec la Confédération Paysanne, nous faisons le pari d'une animation s'appuyant sur les réseaux existants pour redonner de la dynamique aux territoires qui ont été délaissés. Terroirs44, GAB, CIVAM, CAP, CIAP, Accueil Paysan, SOS Paysans, les Services de Remplacements, les CUMA... sont autant d'organisations expertes dans leurs domaines.
C'est en travaillant tous ensemble que nous pourrons relever les défis que sont l'installation, la transmission, le développement de la vente directe, la recherche d'autonomie.
Actuellement, sauf quelques partenariats historiques, la Chambre d'Agriculture travaille seule lorsqu'elle est sollicitée par les élus des collectivités territoriales et a souvent du mal à fédérer les agriculteurs pour développer les projets qui en découlent.
J'ai la conviction qu'avec Terroirs 44, grâce à notre expérience et à notre diversité, nous pouvons être force de proposition pour le développement agricole de notre territoire. Je m'investis dans cette campagne car je pense que seule la coopération entre les organisations agricoles nous permettra d'être constructifs demain."
Marie Savoy, La Ferme des Coquelicots, Joué-sur-Erdre


Accompagner l'amélioration des pratiques pour la santé, la qualité des eaux, la préservation de la biodiversité et des sols dans le respect des uns et des autres
"2019, année d'élection chambre d'agriculture. Certains syndicats et agriculteurs se posent aujourd'hui en victime d'une société civile qui serait hostile à leur travail. Pourtant, chaque jour, nous qui sommes en lien direct avec les consommateurs de nos produits, nous constatons au contraire un engouement toujours plus grand pour une agriculture de qualité et de proximité. Nos métiers sont connus et reconnus par une population qui souhaite manger sain avec des agriculteurs qui vivent de leurs métiers.

Doit-on opposer les uns aux autres? Ou au contraire accompagner une progression inévitable vers moins de pesticide, plus d'autonomie des producteurs, plus de lien avec une société civile qui s'interroge et s'intéresse enfin à nos métiers après des décennies d'ignorance?

De mon point de vue il faut accompagner ce mouvement, expliquer et soutenir sur la durée tous les acteurs qui souhaitent améliorer leur pratiques pour leur propre santé, celle de leurs voisins, la qualité des eaux, la préservation de la biodiversité et des sols. C'est un chemin que nous pouvons mener tous ensemble, dans le respect des uns et des autres."

Audrey Lacroix, Ferme du Limeur, La Chapelle-sur-Erdre


Les Valeurs de l'agriculture paysanne
"Je suis candidat sur la liste présentée par la Confédération Paysanne aux élections Chambre, car son projet global est porté par des valeurs auxquelles je crois et adhère. N’ayant pas la prétention de théoriser les grands principes de l’Agriculture Paysanne (voir sa charte), je prendrai plutôt l’exemple de ce que je vis et observe au sein de mon réseau de ʺpetits maraîchers bio en vente directeʺ, où ces principes me semblent porter leurs fruits.

L’humain au centre : dans leur grande majorité, ces femmes et ces hommes ont choisi/construit une ferme à leur échelle, dimensionnée pour s’y sentir bien, autonomes en décision, économes en moyens financier et matériel. Passée la phase d’installation, presque tous ont créé de l’emploi, pour la saison, pour l’année, pour s’associer ! Ça commence à faire du monde… et du monde souvent investi dans les différents réseaux.

Á l’écoute des attentes sociétales : Nous sommes donc (de plus en plus) nombreux à cultiver des légumes, pour toutes les saisons. Connaître ceux qui mangent nos produits. Produire sain pour eux et pour nous. Nous répondons à cette demande tout autant que nous la stimulons, par nos multiples modes et points de vente.

Avec la Nature : décor, support et facteur de notre production, nous nous devons de la respecter. Au-delà même du bio, nous expérimentons dans ce sens (l’économie d’eau et d’énergie, l’arbre, la diversification,…). Nous avons besoin et plaisir à nous insérer dans le bocage, hérité et travaillé par nos voisins éleveurs.

Pour en vivre dignement, partager et transmettre : nous produisons pour une demande locale légitime, une consommation responsable. Nous en tirons des revenus décents permettant des fermes viables, sans avoir besoin de s’agrandir au-delà du ʺvivableʺ. Et le cercle est vertueux quand cette situation produit naturellement une maîtrise et une répartition, conditions pour un partage et l’accueil de nouveaux paysans, avec… et après nous !

Portrait trop idéal ? Peut-être… Mais suffisamment motivant pour y rassembler, comme à Terroirs 44, de nombreuses productions et tous les territoires.

Votons pour une Chambre qui représenterait et considérerait aussi ce mouvement, au-delà d’une simple ʺnicheʺ. Cette transition en cours, vers le mieux plutôt que le plus."

Frédéric Gendronneau, Le Jardin de la Métairie d'Ardennes, Sainte-Pazanne


L'importance de développer des projets collectifs
"Comment réussir un projet collectif ? Un projet collectif se définit par la création d'un groupe de personnes se retrouvant autour d'une idée, d'un concept, d'une préoccupation commune. La réussite d'un projet collectif se mesure, non pas à l'originalité et la pertinence de l'idée, mais à la dimension humaine du projet. Ce sont les femmes et les hommes formant ce groupe qui sont la clé de la réussite du projet. Dans la création d'un groupe autour d'un projet, il me paraît impératif de faire intervenir des personnes extérieures compétentes dans l'animation, ceci afin d'être un facilitateur du dire. Dans un groupe, le cadre de référence définissant des valeurs doit être le socle du projet. Ce cadre doit être validé par les individus du groupe même si des points différents émergent. Mieux vaut prendre son temps pour réaliser ce travail qui peut paraître fastidieux mais tellement important.

Ensuite, la concrétisation d'un projet n'est pas une fin en soi ; pour la pérénité du projet, il faut garder la dynamique du groupe même si les individus évoluent différemment au fil du temps. Cela peut passer par des moments conviviaux, autour d'un repas, d'une sortie culturelle ou sportive. Juste un exemple, la semaine dernière, dans notre CUMA communale (10 exploitations pour une vingtaine d'actifs) nous sommes partis à 8 pour un séjour de 3 jours au ski ; l'objectif de cette sortie : faire du ski bien sûr mais surtout partager des moments avec les collègues en dehors du quotidien : mission réussie."

Jérôme Bodineau, La Ferme des Becs à Grains, La Grigonnais